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Lucius Septimius Severus fut un empereur romain de 193 à 211 apr. J.-C. Il était d’origine libyenne, issu de Lepcis Magna, et provenait d’une importante famille punique locale, qui avait autrefois détenu des statuts sénatorial et consulaire. Il visita Rome pour la première fois en 163, sous le règne de Marc Aurèle et de Lucius Verus. Grâce à la protection de son cousin Caius Septimius Severus, il entra au Sénat en 170. Plus tard, son cousin partit en Afrique pour y exercer la fonction de proconsul en 173-174 et choisit Lucius Septimius Severus comme légat.
L’ascension de Septime au rang d’empereur commença après l’assassinat de l’empereur Commode en 192.
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ToggleLe successeur de Commode fut Pertinax, qui n’était pas bien accueilli par la garde prétorienne. Cela provoqua sa révolte et l’assassinat rapide de l’empereur. La garde prétorienne procéda alors à la mise aux enchères du trône impérial. Elle voulait choisir la personne qui paierait le plus, en échange du soutien de la garde prétorienne.
Le premier candidat était Clodius Albinus, gouverneur de Bretagne. Le deuxième était Pescennius Niger, gouverneur de Syrie, tandis que le troisième candidat était Septime Sévère, qui gouvernait la province de Pannonie supérieure sur la frontière du Danube. Chaque candidat était soutenu par trois légions et disposait d’une puissante base militaire. Septime Sévère avait un avantage en matière de propagande et de position géographique, car la Pannonie était la plus proche de Rome parmi ces provinces. Sévère empêcha un possible affrontement avec Clodius Albinus en Bretagne en lui promettant le titre de César et une place dans la succession impériale. Septime Sévère fut reconnu empereur par le Sénat en 193. Avec son avènement, cette année devint connue sous le nom de « l’année des cinq empereurs ».
Plus tard, Septime Sévère remplaça la garde prétorienne existante par une garde du corps plus nombreuse, recrutée parmi les légions danubiennes placées sous son commandement. En outre, il leva trois nouvelles légions et augmenta le nombre de vigiles, de cohortes urbaines et d’autres unités à Rome. Finalement, Septime organisa une campagne pour marcher vers les provinces orientales afin d’éliminer son rival, Niger. Son armée vainquit Niger et chassa ses forces de Thrace. Alors qu’il se trouvait en Orient, Sévère tourna ses troupes contre les vassaux parthes.
Septime Sévère conquit rapidement le royaume d’Osroène et l’Adiabène, prenant les titres de Parthicus Arabicus et Parthicus Adiabenicus pour célébrer ces victoires.
Pour renforcer sa réputation et tenter de rattacher sa nouvelle dynastie à celle des Antonins, il se proclama fils de l’ancien empereur divinisé Marc Aurèle et frère du divinisé Commode. En outre, il donna à son fils aîné, M. Aurelius Antoninus (plus tard empereur Caracalla), le titre de César. Cette dernière mesure le conduisit à un conflit direct avec son ancien allié, Clodius Albinus, qui avait initialement reçu ce titre en échange de sa loyauté. Comprenant que Sévère avait l’intention de l’abandonner, Albinus se rebella et traversa avec ses légions jusqu’en Gaule. Sévère se hâta vers l’ouest pour affronter Albinus lors de la bataille de Lugdunum et le vainquit dans une bataille sanglante en 197. Après avoir vaincu Albinus, Septime Sévère devint le seul empereur de l’Empire romain.
En 197 apr. J.-C., Sévère repartit vers les provinces orientales, où l’Empire parthe profita de son absence pour assiéger Nisibe, en Mésopotamie occupée par Rome. Après avoir brisé le siège parthe, il poursuivit son offensive sur l’Euphrate, attaquant et pillant les villes parthes de Séleucie, Babylone et, finalement, la capitale parthe, Ctésiphon. Puis Septime se retourna contre la forteresse de Hatra, en Irak, mais ne put s’en emparer après deux tentatives de siège. Après avoir conclu un accord visant à sauver une personne avec Hatra, Septime proclama sa victoire en Orient, ayant pris le titre de Parthicus Maximus.
Puis Sévère se rendit en Égypte en 199 apr. J.-C., réorganisant la province. De retour en Syrie pour y séjourner un an (fin 200 – début 202 apr. J.-C.), Sévère revint finalement à Rome à l’été 202. Il voulait célébrer sa décennalie par des jeux victorieux et présenter également son fils Antoninus pour son mariage avec la fille de son confident.
À l’automne de la même année, Sévère se rendit dans sa patrie en Afrique, effectuant un voyage dans sa ville natale de Lepcis Magna, puis à Utique et à Carthage. À Lepcis Magna, il mena un programme actif de construction de monuments, dotant les rues de colonnes, d’un nouveau forum, d’une basilique et d’un nouveau port. Il profita aussi de cette période pour écraser les tribus du désert (en particulier les Garamantes), qui menaçaient les frontières africaines de Rome. Sévère étendit et renforça la frontière africaine, élargissant même la présence de Rome dans le Sahara, limitant ainsi les actions de pillage de ces tribus frontalières, qui ne pouvaient plus attaquer les terres romaines en toute impunité puis se replier dans le désert.
Puis Sévère retourna en Italie en 203 apr. J.-C., où il demeura jusqu’en 208 apr. J.-C., organisant des jeux séculaires en 204 apr. J.-C. Après le meurtre de son préfet, Plautien, Sévère le remplaça par le juriste Papinien. Sa protection envers ce nouveau préfet ainsi qu’envers les juristes Ulpien et Paul fit de l’époque des Sévères un âge d’or de la jurisprudence romaine. En 208, de petites batailles à la frontière de la Bretagne romaine donnèrent à Sévère une raison de lancer une campagne qui durerait jusqu’à sa mort en 211. Par cette campagne, Sévère espérait avoir l’occasion d’acquérir une gloire militaire.
En outre, il emmena avec lui ses fils Antoninus et Geta afin de leur donner une expérience administrative et militaire nécessaire pour conserver le pouvoir impérial.
Les intentions de Sévère en Bretagne étaient de conquérir toute l’île et de la soumettre complètement à l’autorité romaine. À cette fin, Sévère répara entièrement de nombreux forts le long du mur d’Hadrien dans l’intention d’utiliser ce mur comme base pour la campagne de conquête du nord de l’île de Bretagne. En laissant Geta dans le sud, Sévère et son fils Antoninus menèrent campagne dans le nord, en particulier dans l’actuelle Écosse. La campagne fut mitigée pour les Romains : les tribus calédoniennes locales n’affrontèrent pas les Romains en bataille rangée et menèrent des tactiques de guérilla contre eux, ce qui entraîna de lourdes pertes pour les Romains.
Cependant, en 210 apr. J.-C., les tribus du nord demandèrent la paix, et Sévère en profita pour construire une nouvelle base avancée à Carpow sur le Tay en vue d’une future campagne. Il prit également pour lui-même et pour ses fils le titre de Britannicus afin de commémorer cette victoire. Ce succès fut toutefois de courte durée, car les tribus se rebellèrent bientôt. À ce moment-là, Sévère ne pouvait plus poursuivre sa campagne contre elles.
Le règne de Sévère fut marqué par des réformes à la fois dans les provinces et dans les forces armées, qui eurent des conséquences à long terme. Il divisa les trois zones de la légion de Pannonie et de Syrie afin d’empêcher de futures révoltes de gouverneurs. La Bretagne fut divisée en deux provinces, bien qu’il ne soit pas certain que cette décision soit due à Sévère ou à son fils et successeur, Caracalla.
Septime Sévère est également connu pour ses réformes de l’armée. Il augmenta considérablement les effectifs de l’armée afin d’en assurer la loyauté et porta la solde annuelle des soldats de 300 à 500 deniers. Les historiens Dion Cassius et Hérodien critiquèrent Sévère pour cette hausse de solde, principalement parce qu’elle imposait une pression financière plus forte à la population civile pour soutenir une grande armée.
En outre, Sévère leva l’interdiction du mariage qui existait dans l’armée romaine, donnant aux soldats le droit de prendre épouse. Cette mesure fut considérée comme une réforme positive, car elle accordait des droits juridiques aux épouses des soldats qui, avant la levée de cette interdiction, ne bénéficiaient d’aucune protection légale, leurs relations étant informelles et dépourvues de force juridique contraignante. Sévère se souciait tellement du dévouement de l’armée qu’à son lit de mort, il aurait conseillé à ses deux fils : “Soyez bons l’un envers l’autre, enrichissez les soldats et maudissez les autres.”
Bien que ses dépenses militaires aient été coûteuses pour l’Empire, Sévère était un dirigeant fort et capable. L’Empire romain atteignit sa plus grande extension sous son règne, avec plus de 5 millions de kilomètres carrés. Son expansion du Limes Tripolitanus fournit à l’Afrique la base agricole de l’Empire. Sa victoire sur l’Empire parthe fut décisive pendant un certain temps, protégeant l’Empire depuis Nisibe et Singara et établissant le statu quo de la domination romaine dans la région jusqu’en 251.
La campagne de Sévère fut interrompue lorsqu’il tomba malade. Il se retira à Eboracum (York) et y mourut en 211. Bien que son fils Caracalla poursuivît la campagne l’année suivante, il accepta bientôt la paix. Les Romains ne s’enfoncèrent plus jamais profondément en Calédonie. Peu après, la frontière fut définitivement fixée au sud, sur le mur d’Hadrien.
Auteur: Kate Zusmann
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